Glen Lemesurier, portrait d’un artiste en marge (Nightlife Magazine)

Par Julie Almade

Le 23 juin 2010.
Cliquez ici pour voir l’article sur le site de Night Life.
Glen LeMesurier est un artiste marginal, un personnage haut en couleur, à l’image de ses coudes tatoués et de ses yeux bleu azur.

Depuis trente ans, le sculpteur montréalais se passionne pour cet art, d’abord pratiqué sur du bois, avant de passer au métal, auquel il est resté fidèle. Un amour pour un élément qu’il a découvert dans sa jeunesse: «Mon père travaillait sur des moteurs automobiles, j’ai habité toute ma vie dans un garage.» Aujourd’hui, c’est donc sans grande surprise que Glen est devenu un passionné de machinerie et passe ses journées dans son studio, aux abords d’une vieille ligne ferroviaire du Mile-End.

Cet été, une cinquantaine de ses sculptures prennent place à la Maison de la culture Côte-des-Neiges, à la fois en intérieur et en extérieur. Une volonté de l’artiste qui se définit comme «vert», car ses œuvres sont créées à partir d’objets recyclés et de rebuts de toutes sortes. «Chaque semaine, je passe près de six heures au cimetière des métaux, à sélectionner les prochaines composantes de mes sculptures», explique Glen. Et si l’entrevue qu’il donne commence sur le lieu de l’exposition, elle se finira chez lui, dans son studio, empli d’objets de toute sorte.

À quelques pas de l’atelier, il fait découvrir son Jardin du crépuscule aux curieux. Sur cette parcelle de terre abandonnée en pleine ville, il entrepose quelques œuvres de sa confection. D’ailleurs, nombreux sont les endroits de Montréal où l’on peut apercevoir les immenses sculptures de cet artiste du macadam. Le Cirque du Soleil ainsi que le Jardin de sculptures de l’Hôpital Douglas, à Verdun, en sont les heureux propriétaires. Dans le fond, le rêve de cet éternel enfant – au volant d’une vieille Volvo customisée de peluches et de jouets – est d’implanter ses sculptures dans tout Montréal: «La ville est un jardin qui a besoin de points de repère», défend-il.

Bien loin, donc, des sculptures grecques, romanes, gothiques ou baroques, ce non-conformiste connaît pourtant son art sur le bout des doigts. «J’ai plus de 2000 livres d’histoire de la sculpture et des métaux dans ma bibliothèque. Ici, personne ne connaît vraiment cette histoire. Les autres ne le connaissent pas encore, mais je suis en train de la changer», s’amuse le sculpteur autodidacte, dont Tim Burton aurait pu s’inspirer pour un prochain film.

Chez lui, on se retrouve confronté à l’image de l’atelier d’artiste qui nous trottait dans la tête depuis tout jeune. Une immense pièce, pleine à craquer d’outils et de babioles – vélos, cheval en bois, énorme bouée en plastique, carcasse de chariot en métal – où se retrouvent son chien, Prince, ses tortues, et dehors, ses pigeons. En clair, s’il n’existait pas, il faudrait inventer cet homme, riche en générosité, en enthousiasme, en créativité et bientôt heureux papa.

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